Le pouvoir est comme un æuf
Écrit par Alex Bjergbæk Klausen

Un puissant vent a soufflé sur la foule pendant que les évêques priaient pour l’évêque Solomon Scott-Manga, nouvellement consacré.







Assister à la consécration du nouvel évêque du diocèse de Bo, Solomon Scott-Manga, a été une expérience merveilleuse. La cathédrale de Bo était trop petite pour abriter le grand nombre de personnes ; au lieu de diviser la foule, une cathédrale externe a été mise en place afin de permettre à toutes les personnes présentes d’y participer. Des évêques de toute la province anglicane de l’Afrique de l’ouest étaient présents – même l’évêque du Cameroun, qui fait partie de la même province, bien qu’au plan géographique le Cameroun appartienne à l’Afrique centrale. La onsécration du nouvel évêque était un évènement important qui impliquait de nombreux évêques et l’archevêque. Nous avons eu le privilège d’être assis avec les autres partenaires au premier rang et de pouvoir vivre cette expérience pleinement. Une cérémonie de consécration dure plusieurs heures. En toute honnêteté, j’ai arrêté de compter les heures. Nous avons commencé autour de 10 heures du matin et quelque part dans l’après-midi, mon ventre m’a rappelé que nous n’avions rien mangé depuis un long moment. Mais nous ne nous ennuyions assurément pas. Les robes, l’encens, les voix angéliques de la chorale, les prières puissantes, les juristes arborant leurs perruques, le nouvel évêque prosterné pour être consacré, ont tous contribué à faire de cette cérémonie un évènement haut en couleur. Une journée hors de l’ordinaire à coup sûr. Par ailleurs, nous avons vu plusieurs vieux amis dans le diocèse – même certains des lecteurs profanes que nous avions formés. Quelle bénédiction !

Le prédicateur venait du Ghana. Lui-même, nouvel évêque. En effet, dans son sermon il a martelé combien il est difficile de gérer le pouvoir de la bonne manière. Il a comparé le pouvoir à un œuf. Si vous le tenez très fermement il se cassera et si vous ne le tenez pas fermement, il tombera. L’équilibre est important. Je me souviens que Mette m’a murmuré à l’oreille : « et si vous le tenez trop longtemps il pourrira.» Le sermon correspondait parfaitement à la situation. Le diocèse de Bo a souffert, par le passé, à cause de la mauvaise gestion et de l’abus de pouvoir. Les responsabilités n’étaient pas partagées au sein de l’église et le pouvoir était concentré entre les mains d’un petit nombre. Un évêque doit être un chef d’équipe, le berger du troupeau – et pour que le troupeau fonctionne bien, il est important de déléguer les pouvoirs aux autres, de partager les responsabilités, tout en assurant la supervision. C’est une tâche bien difficile.

Un évêque n’en devient pas un par lui-même, mais parce qu’il a été choisi par Dieu et son peuple. Pendant que les évêques priaient pour l’évêque Solomon, un vent a soudainement soufflé et a soulevé la couverture en plastique qui servait d’ombrage pour laisser tomber les eaux de la forte pluie tombée la veille. Ce fut une distraction étrange. Certains étaient bien trempés, mais la plupart ont juste remarqué le timing et en ont parlé plus tard. Était-ce réellement un signe de Dieu ? Certainement, nous avons besoin du Saint-Esprit pour que le diocèse de Bo se remette de la crise. L’intelligence humaine ne suffit pas à reconstruire le diocèse. Dieu doit poser une véritable fondation pour l’avenir – une fondation sur un roc solide.







Partir de zéro
Une réunion multilatérale des partenaires présents s’est tenue le jour suivant la cérémonie de consécration. Ont pris part à celle-ci, le nouvel évêque, Solomon Scott-Manga et l’évêque chargé de la supervision, Thomas Wilson. L’objectif de la réunion consistait à se rencontrer pour parler de certains des défis auxquels le diocèse fait face. L’évêque Wilson a ouvert la réunion par l’histoire de la bonne Samaritaine. Il a comparé le diocèse de Bo à l’homme qui est tombé entre les mains de brigands et a été laissé pour mort. Et c’est là que nous en sommes rendus. Imaginez juste combien il est difficile de diriger un diocèse complètement ruiné, dépossédé de tous ses biens. Aucun argent n’est disponible pour le règlement des factures ou salaires du clergé et du reste du personnel. Aucune voiture adaptée à la route n’est disponible pour transporter le nouvel évêque aux quatre coins de son diocèse et il n’y a pas d’argent à dépenser sur la rénovation des presbytères qui s’effondrent littéralement. La situation est tellement démotivante que nous avions vraiment de la peine pour le nouvel évêque. L’on a vraiment besoin d’une intervention divine. Bien que peu de partenaires externes fussent présents, la réunion a été fructueuse et a permis de bien comprendre la situation et les besoins actuels sur le terrain. Bien entendu, les besoins matériels sont quelque peu urgents, autant que l’est le besoin spirituel de reconstruire le diocèse. Ce ne sont pas que les structures qui ont cédé durant la crise, mais aussi l’esprit d’espoir. Comme l’a dit l’évêque Wilson : « Les pupitres ne sont pas morts, mais nous avons des hommes morts sur les pupitres. » Il est grand besoin de ranimer l’esprit d’espérance au sein du diocèse et de faire renaître la flamme dans les cœurs. Un homme seul ne peut le faire. Il s’agit là du pan le plus important du processus de reconstruction. Si nous manquons de poser le bon fondement, rien ne perdurera et notre travail aura été vain. Mais si nous bâtissons sur Christ et mettons notre confiance en lui, alors nous aurons la force d’affronter de nombreux défis. Et nous savons qu’il y aura des défis au fil des prochaines années.







Une appréciation sans date d’expiration
Juste une semaine après la consécration, l’évêque Solomon a été intronisé à la cathédrale de Bo. L’intronisation renvoie littéralement au fait qu’un évêque reçoive son trône dans l’église – le siège spécial de l’évêque. Ce fut aussi un long culte, mais qui se tenait cette fois dans la cathédrale. Ce fut un dimanche joyeux rythmé de beaucoup de chants et de danses. L’intronisation marque la transition de pouvoir effective. Le Vicaire général, Canon Ajayi Nicol, qui assurait la supervision du diocèse en l’absence d’un évêque, a quitté ses fonctions. Il a été apprécié pour son service. Il profitait déjà de sa retraite lorsqu’il a soudainement été appelé pour servir en tant que vicaire général. Il peut à présent profiter à nouveau de sa retraite. Le travail de l’évêque Thomas Wilson a aussi été salué. Il a géré deux diocèses pendant plus de deux ans. Il peut à présent tirer sa révérence an tant que évêque superviseur du diocèse de Bo et se consacrer entièrement à son propre diocèse.

Enfin, Relay Trust a reçu son certificat d’appréciation pour les services rendus. Contrairement aux certificats du Vicaire général et de l’évêque superviseur, celui de Relay Trust ne portait aucune date de fin d’exercice. Notre mission au diocèse de Bo est loin d’être achevée. Nous avons encore beaucoup de pain sur la planche. Nous ne pouvons évidemment pas laisser le diocèse dans cet état. Il est important de soutenir le nouvel évêque et de l’aider à mettre en place les structures adéquates visant à propulser le diocèse vers l’avenir. Cet objectif sera atteint grâce à un appui financier et à un engagement personnel. En outre, nous devons faire preuve de patience, étant donné que le processus de guérison du diocèse est plus important que toute autre chose. La crise a divisé le diocèse et il existe un profond besoin de réconciliation. Une église ne peut subsister si ses membres sont divisés. On pourrait supprimer de telles divisions pendant un court moment, mais elles referont enfin surface et créeront davantage de problèmes. Que de mauvaises paroles échangées au cours des années écoulées ! Celles-ci ont créés des factions. La tâche la plus difficile est donc de guérir toutes ces émotions blessées entre les membres et le clergé. Relay Trust travaillera en étroite collaboration avec le nouvel évêque et son personnel en vue de s’assurer qu’une fondation solide est posée pour le Diocèse anglican de Bo.







Réhabilitation du vicaire de Kangahun
Plusieurs presbytères du diocèse anglican de Bo ont été délaissés au cours des dernières années. Ils ont besoin de travaux de rénovation parce qu’ils sont dans un tel état de délabrement qu’ils ne peuvent abriter le prêtre en charge. Certaines des structures sont même dangereuses et risquent de s’effondrer si rien n’est fait. La paroisse de Skalborg, Aalborg, a décidé de venir en aide à cette congrégation amie de Kangahun afin que le presbytère soit réhabilité. Le projet urge vu qu’un nouveau prêtre devrait prendre service l’an prochain. Le budget total du projet est évalué à 2 000 dollars US. La paroisse de Skalborg travaille en partenariat avec Relay Trust et nous sommes ravis du fait qu’ils ont décidé de s’engager dans ce projet.